Comme je l'ai déjà dit j'aime les îles, toutes les îles, avec bien entendu un petit faible pour l'île d'Yeu, un petit faible qui dure depuis maintenant plus de 50 ans !

Les îles ont ce caractère particulier qui rend le gens plus rudes mais plus solidaires. Quelle que soit la taille de l'île, les habitants sont plus isolés que les continentaux, ils sont contraints à s'entraider et être par nature plus débrouillards. La solution à leurs problèmes ne viendra pas d'ailleurs, ils doivent la trouver en eux.

Mais aussi, les îles sont des contrés de marins, gens de mer qui ont voyagé et sont souvent beaucoup plus évolués que les peuples qui sont restés confinés dans leur petite province. Les marins rapportent des souvenirs mais aussi de nouvelles connaissances des quatre coins du monde.

En 1995 nous avons choisi, après plusieurs visites en Corse, d'aller voir les Antilles en commençant par la Martinique. Pas très envie de se planter dans un hôtel pendant une semaine, nous avons loué un bateau pour deux semaines, mais alors quel bateau !

Il s'agit d'une construction locale, très astucieuse mais assez laide : un catamaran à moteur, un moteur hors bord sur chaque flotteur.

fiche technique

Ce bateau avait l'avantage de proposer quatre cabines, deux douches et deux WC. Idéal pour les sept personnes qui devaient vivre à bord.

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Photos : plaquette loueur.

Tout commence par un vol CORSAIR sans histoire, à l'ouverture de la porte de l'avion, on sait tout de suite que l'on est sous les tropiques. La chaleur humide est surprenante en sortant de cet avion climatisé et desséché après 8 heures de vol (*).

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Puis un transfert en taxi jusqu'au Robert où le bateau nous attend. Les courses ont été faites par la base, il n'y a plus qu'à prendre les consignes et partir mais le mécano ne sera là que le lendemain matin aussi la nuit se passera à la base.

24 février, 6 heures du matin, le soleil se lève tôt ici, nous prenons le petit déjeuner en attendant le mécano. Le bateau est équipé d'un magnifique carré qui ouvre entièrement sur la plage arrière ce qui fait un grand salon de plein air abrité du soleil.

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Le personnel de la base nous explique en détail tous les mouillages sûrs le long de la côte, il nous conseille aussi de ne naviguer que lorsque le soleil plombe bien afin de voir les "cailles", ces roches qui affleurent parfois la surface de l'eau et seraient désastreuses pour la coque du bateau. Dit comme ça cela fait un peu peur mais en fait, la visibilité est bonne et souvent (pas toujours) le chenal sain est balisé, ici par une bouteille en plastique, là par une bouée de couleur indéfinie, là bas par une perche ...

Pas de carte, il faut naviguer avec le guide "Trois Rivières", ouvrage de référence qui décrit la côte à l'aide de vues aériennes et donne les consignes d'approche de la côte à l'aide de croquis. Nous verrons cela plus tard.

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C'est enfin le départ, tout le monde est un peu excité, cap sur l'îlet Madame où nous faisons un premier mouillage pour la baignade dans un site agréable et calme.

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On ne peut qu'être conquis par la beauté de l'eau !

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Nous repartons doucement vers le sud en suivant la côte au vent pour atterrir dans l'anse Coco donnée comme bon mouillage facile d'accès.

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17h30 au mouillage, le soleil décline très vite.

Le soleil se couche très vite, il est temps pour une nouvelle baignade puis la préparation du repas. Ici pour profiter pleinement du jour il faut prendre le rythme couché tôt, levé tôt. Aujourd'hui nous n'avons pas beaucoup avancé mais c'était la mise en route et puis, nous ne sommes pas pressés ...

25 février, réveil 6 heures et baignade à la fraîche. Que c'est bon de n'avoir qu'à sauter dans l'eau à peine sorti de sa cabine !

Petit déjeuner pris, tout le monde manifeste un peu d'impatience pour partir mais il est préférable d'attendre un peu que le soleil monte dans le ciel afin de bien voir les fonds. Départ 8h30 vers l'îlet Oscar. Nous laissons le François et nous contournons l'îlet Oscar par le sud passons devant de l'îlet Thierry pour aller mouiller près de la fameuse "baignoire de Josephine". Ce trou de sable blanc sans grand fond constitue une baignade en pleine mer qui est très prisée.

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Le ponton de l'îlet Oscar.

On raconte que l'impératrice Joséphine originaire des trois îlets aimait venir s'y baigner mais d'autres hypothèses existent concernant l'appellation de ce lieu paradisiaque.

Des petits bateaux à passagers font la navette entre le François et le ponton, lorsque nous quittons ces lieus, sono à fond et odeurs de barbecue, la fête commence sur l'îlet Oscar où des touristes viennent passer la journée, se baigner, prendre le "baptême du Rhum" et se gaver d'acras et de langoustes.

Nous repartons vers le François pour quelques courses et pour faire le plein d'eau douce.

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Le ponton du François.

 

Courses faites nous revenons un peu sur nos pas mouiller pour la nuit près de l'îlet Lavigne. Le mouillage est bien abrité et peu fréquenté, belle baignade. Pour la première fois, en fin de journée, mais cela se reproduira souvent, nous voyons des enfants venir en barque sur la plage et chasser des crabes. Ils repartent avec une belle provision qu'ils vont sans doute aller vendre au village ...

 

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26 février, voila, nous avons passé notre seconde nuit au mouillage sur les côtes de la Martinique ! Le réveil est toujours aussi tôt et la première baignade savoureuse. Vers 8 heures nous avançons vers le François pour nous mettre au mouillage tout au fond de la baie, (nous avons peu de tirant d'eau, nous ne craignons pas grand chose), des petits bateaux passent près de nous et remontent la petite rivière qui débouche là. Nous faisons de même et trouvons 600 mètre plus loin le petit marché indiqué dans notre guide. L'occasion d'acheter du frais.

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Il est maintenant temps d'avancer, nous faisons route vers le Vauclin. Ici pas question de coller à la côte, c'est bourré de cailloux partout, nous passons au large de la baie du Simon puis du Vauclin pour nous intéresser à l'entrée du cul de sac Ferre. La passe est indiquée comme délicate sur notre guide, le soleil est au zénith, les fond sont parfaitement visibles, cela tombe bien.

C'est toujours un petit moment d'émotion que de faire confiance à des documents de navigation réalisés à la main avec des indications reportées sur des croquis. Mais le guide est parfaitement fiable et en respectant les prescriptions, nous nous retrouvons dans le cul de sac, parfaitement à l'abri.

Il ne faut pas trop s'avancer dans le cul de sac qui n'a pas de fond mais plutôt mouiller comme indiqué sur le plan.

Cet endroit est très agréable car il donne accès à une micro-plage qui permet de débarquer et d'aller sur la grande plage déserte qui se trouve côté atlantique.

Au sein même du cul de sac, une plage plus abritée est accessible grâce à l'annexe.

Nous passons toute l'après midi à profiter de ce calme et restons pour la nuit.

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Cul de sac Ferre.

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27 février, nous sommes toujours aussi matinaux, le site est merveilleux, nous ne sommes pas déçus d'avoir choisi le bateau pour visiter cette belle île.

A propos nous sommes en 1995 et les traces de l'ouragan "Hugo" (1989) ne sont pas toutes effacées. Aussi je trouve cette île plus belle de la mer que de la terre. Mais c'est probablement un à priori très personnel.

Au programme aujourd'hui, Ste Anne et Le Marin. Toujours pas question de coller à la côte aussi la navigation est plus simple mais un peu plus agitée. Nous avançons plutôt bien et sommes vers midi à Ste Anne pour un mouillage magnifique.

Cet endroit est très prisé, le club Med s'est installé à la pointe nord le long d'une plage de beau sable qui va du village jusqu'à la pointe.

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Du mouillage on distingue parfaitement le fameux rocher du diamant.

Nous faisons quelques courses et mangeons sur place sans oublier une bonne baignade, bien entendu.

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Pour la soirée nous avançons vers Le Marin où nous allons faire le plein d'eau et de carburant. L'eau est une véritable obsession sur ces bateaux où les réserves sont importantes mais jamais suffisantes. Dans ce pays où nous passons notre vie dans l'eau de mer, les douches sont nombreuses et, même en faisant attention, le niveau des cuves baisse rapidement.

Le Marin est un mouillage remarquable ou des quantités de bateaux viennent relâcher. Pour autant ce n'est pas un site magnifique, je réalise que je n'ai même pas de photo !..

Fin de cette première partie ...

PhB

(*) la climatisation d'un avion dessèche l'air et il n'y a pas de système pour ajouter de l'humidité ce serait du poids indésirable à emporter en plus. Aussi après 8 heures de vol, l'ambiance cabine devient très sèche d'où la nécessité de s'hydrater.