Je ne peux pas parler de cette cette décennie sans citer deux articles des Oya Nouvelles de l'année 1960 :

"Les moyens de transport à l'intérieur de l'île s'enrichissent : après les 2 cars, il y a un deuxième taxi à chauffeur et une bonne douzaine de taxis sans chauffeurs, des vieilles Renault rouges parisiennes, qui transportent sans effort des familles entières et se fichent allègrement de nos impossibles chemins. Malgré tous ces véhicules qui rentrent chaque jour, et qui occupent les moindres surfaces libres, lîle d'Yeu reste relativement calme et paisible."

A l'époque, auprès de chaque plage, par exemple aux vieilles, les rares voitures venaient se stationner sur la dune au ras de la plage. Aujourd'hui on ne peut l'imaginer !

A l'époque aussi nous avions la seule DS présente sur l'île, les commerçants du port appelaient ma Mère "la Dame à la DS". Il faut avouer qu'avec ces "impossibles chemins" l'île nous a joué quelques tours sur la suspension hydraulique et que c'était impossible à réparer sur place. Notre DS devait retourner à La Roche sur Yon en empruntant le cargo (CASAM, premier ou second du nom) puis une dépanneuse qui la prenait en charge à Fromentine.

"Faut-il s'évader du quai pour parler de l'hélicoptère de la Gendarmerie qui a attiré tant de curieux. Ce qui nous a fait le plus plaisir c'est d'apprendre que cet hélicoptère, pour les cas urgents et sur décision du médecin, peut être mis à notre disposition pour effectuer des transports de malades. Malheureusement il leur est impossible de se poser la nuit et encore moins dans la brume. Je ne vous souhaite pas d'avoir besoin d'en user, mais monter faire un petit tour dans cet engin ne serait pas pour déplaire au FLANEUR (pseudo qui signe cet article)."

Alouette-III-Gendarmerie-small

L'histoire de l'hélicoptère remonte donc à 1960, mais il faut bien comprendre que les transports par hélico sur Nantes restaient l'exception, le canot de sauvetage était encore souvent obligé de sortir pour les urgences médicales. Cependant on sent bien dans la rédaction de l'article ci avant que la possibilité d'évacuation en hélico avait un côté rassurant pour les ilais.

En 1967 le Conseil municipal donne son accord unanime pour que soit aménagé un terrain communal situé au Ker Doucet près de la route Ker Bossy - La Meule. Il est prévu que ce terrain soit éclairé (Oya Nouvelles novembre 1967). Ce terrain a été réalisé avec un petit cabanon permettant tout juste de mettre à l'abri une civière, en attendant l'hélico.

Dans les années 80 un opérateur a réussi à pérénniser la présence d'un hélicoptère sur l'île en captant les marchés du service postal et presse, du secours en mer, des évacuations sanitaires et le service passager (ainsi que les promenades autour de l'île). Une Alouette III au début, plus tard un Ecureuil voire même un Dauphin N3. L'hélicoptère est un outil magnifique pour ce type de mission car, si son pilote est adroit, il ne craint pas trop le vent, même violent. Le seul problème c'est la brume, il faut qu'il voit le sol pour se poser !

Ecureuil

L'écureuil stationné au port en juin 2011.

Avant le service régulier par hélicoptère, le courrier comme les journeaux arrivait par le bateau, s'il n'y avait qu'un bateau du soir, et bien vos nouvelles n'étaient pas très fraiches le lendemain. C'est assez souvent qu'en bons parisiens nous allions chercher le journal à la maison de la presse le matin pour nous entendre répondre : "ah non, au bateau de ce soir"... De même le facteur, Crapouillot qui chantait la tirolienne en distribuant, passait après le bateau s'il était encore temps de faire sa tournée.

Dans l'Oya Nouvelles de décembre 1966 on peut lire : "(...) on peut dire que lorsque les facteurs ne peuvent sortir avant 16h30 la distribution est remise au lendemain matin. En tenant compte (...) chacun pourra déduire que si le bateau postal arrive à l'île d'Yeu à 15h ou après 15h, la distribution n'aura lieu que le lendemain à l'ouverture."

PhB

Note : En 2011 "Oya Vendée Hélicoptères" a 3 pilotes et exploite deux hélicoptères, un AS350BA (Ecureuil monoturbine) et un AS344N (Ecureuil bi-turbine). L'activité est : levage, SAMU, fret, prises de vue, transport public et parachutisme (source Air & Cosmos n°2273 juillet 2011).