1963, la plage des Vieilles en fin d’après midi au mois de juillet, tout au plus trois familles. Il faut dire que cette plage était peu pratiquée par les îlais (loin du port) et réputée dangereuse dans le petit guide que nous avions, je ne peux pas résister à citer le passage qui concerne les Vieilles. « Il n’est pas très prudent de s’y laisser tenter par le plaisir du bain, à moins d’être un nageur accompli. L’inclinaison de la plage est rapide ; le sable fuit sous les pieds et les vagues sont dangereuses ». Il convient bien sûr de situer ce texte dans le contexte de l’époque où peu de personnes savaient nager, le « nageur accompli » n’était pas la généralité !

plage des vieillesplage des vieilles

1963, le Président Auguste Durand assure fièrement la traversée ; à marée haute, le débarquement se fait par une coupée rudement pentue. Enfin, l'Amiral Joinville attend la casse le long du quai qui va bientôt accueillir le bassin à flots.

Port Joinvilledébarquementprot Joinville

A la pointe du But, le rocher blanc n'est pas encore bien dégagé, les années suivantes il a été mis en valeur en retirant la terre qui est autour mais la nature est plus têtue que nous et elle a rapidement repris ses droits.

Ce "caillou blanc" est constitué d'une longue veine de quartz blanc mise en évidence par "l'érosion différencielle". Cette veine se prolonge jusqu'en mer où, sur le rivage on peut encore la voir encadrée de solides rochers de granit qui eux n'ont pas été érodés.

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Sur la photo ci dessus la position du (de la) photographe est typique, nous y reviendrons ...

1963, Port Joinville, sur cette photo que j’aime particulièrement, le môle avant adjonction des renforts et du parking qui accueille aujourd’hui l’héliport. Les gaules des pêcheurs, en pleine action y sont magnifiques. La pêche y était fructueuse, toujours mon vieux petit guide disait : « Signalons aux amateurs de la pêche à la ligne celle qui se fait sur le bord extérieur du brise lames, au point où les usiniers jettent leurs débris et aussi le long de l’estacade. Loubines de belle taille, mulets et autres poissons plus petits viennent en grand nombre mordre à l’hameçon. »

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Ce même guide enchaîne avec : « Les usines de conserve alimentaires absorbent tout le produit de la pêche au thon et à la sardine. Mais fuyons leurs odeurs infectes et celles non moins désagréables des poissons séchant au bout de perches pour servir d’appât … ». Il est vrai qu’à l’époque, par temps chaud, vers l’endroit où se trouve aujourd’hui l’Unico, de nombreux déchets de poissons entassés rendaient l’atmosphère irrespirable. Cependant aujourd’hui, la communauté européenne distribue des primes à la casse pour les bateau, à tout prendre, je préférais l’odeur du poisson qui sèche à la vue d’un port qui se vide.

Mais, loin des mauvaises odeurs, revenons quai Carnot avant l'aménagement des terrasses pour les cafés et de l’espace piéton. Un grand désordre très bon enfant. C’est sur ce quai que nous assistions au débarquement des poissons, deux hommes dans la cale, deux hommes sur le pont. Les poissons semblaient sauter du fond du bateau dans un dernier espoir de liberté mais ils étaient repris en main et lancés de nouveau dans le camion qui allait bientôt rejoindre l’usine.

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Dans toutes les photos qui précèdent l'une d'entre elles n'est pas de 1963 mais est nettement plus récente ... laquelle ?

PhB